Sorti en septembre 2026 sur PIV Records, Footprints est le nouvel album studio de Prunk, producteur et DJ néerlandais également connu comme fondateur du label. Seize titres dans sa version numérique, treize sur l’édition triple vinyle : le disque traverse une house chaleureuse, parfois jazzy, parfois plus nocturne, en donnant une place importante aux artistes rencontrés sur le parcours de Prunk. Plus qu’une rupture de style, c’est un album qui met en lumière l’équilibre entre son travail de producteur, son goût du club et l’écosystème PIV.
Publié après Le Funk, paru en 2023, Footprints invite à écouter autrement un artiste souvent associé à son label. Que raconte ce titre ? Comment les collaborations façonnent-elles le disque ? Et qu’est-ce que son format révèle de la façon dont la house circule entre écoute attentive et cabine DJ ?
Footprints, le nouvel album de Prunk, en bref
Footprints est un album house de Prunk publié sur son propre label, PIV Records, le 11 septembre 2026 selon les catalogues de Apple Music et de Beatport. La version numérique compte seize morceaux, tandis que le triple vinyle rassemble treize titres. Le projet prolonge une esthétique house groovy et soul, tout en faisant entendre plusieurs voix et sensibilités invitées.
- Artiste : Prunk, DJ et producteur néerlandais.
- Label : PIV Records, fondé par Prunk en 2015.
- Format numérique : 16 titres.
- Format vinyle : 3 disques, 13 titres.
- Collaborations mises en avant : Rona Ray, Riva Starr, Danny Losito, Verso, Retrouve et Darius Syrossian, entre autres.
Le projet est présenté comme le deuxième album studio de Prunk après Le Funk. Son parcours discographique comprend aussi Journey, un mini-album paru en 2018, détail utile pour comprendre pourquoi les expressions « deuxième album » et « deuxième projet long » ne désignent pas forcément la même chose. La discographie consultable sur Apple Music distingue bien ces sorties.
Pourquoi Prunk revient-il au premier plan avec Footprints ?
Footprints remet d’abord l’accent sur Prunk en tant qu’artiste, et pas uniquement comme figure à la tête de PIV Records. Le label, lancé en 2015, est devenu un espace de sorties, de programmation et de mise en avant de talents house. Mais un rôle de curateur peut parfois éclipser la musique de celui qui l’exerce. Cet album recentre l’écoute sur les productions de son fondateur.
La page officielle de PIV Records présente le label comme une communauté house inspirée notamment par les sonorités de New York et de Chicago, et par l’envie de faire émerger de nouveaux artistes. Ce contexte éclaire le titre de l’album : Footprints, ou les traces laissées en chemin, évoque à la fois les influences musicales, les rencontres et les années consacrées à construire une identité sonore.
Il ne faut toutefois pas entendre ce retour au premier plan comme un désaveu du travail de label. Les deux activités se nourrissent. L’expérience de Prunk comme programmateur et passeur peut expliquer pourquoi les invités ne sont pas de simples noms ajoutés à une liste : ils apportent au disque des couleurs différentes, tout en restant dans un univers house cohérent. Le résultat tient moins du manifeste solitaire que du portrait d’un producteur inscrit dans une scène collective.
Une house construite autour du groove, pas de la surenchère
La signature de Footprints repose sur un principe accessible : des rythmes souples, des basses rondes et des motifs qui laissent respirer les morceaux. L’album ne cherche pas à surprendre à chaque transition ni à transformer chaque titre en grand moment de festival. Son énergie vient plutôt de détails qui s’installent progressivement, ce qui rend les productions aussi adaptées à une écoute au casque qu’à un mix en club.
Cette approche relie le disque à une longue tradition house, où le groove et le mouvement comptent autant que le thème mélodique. Un morceau peut retenir l’attention sans multiplier les ruptures : une basse bien dessinée, une percussion qui décale légèrement la sensation du temps ou un motif vocal récurrent suffisent à maintenir la tension. Pour situer cette couleur dans les grandes familles de la musique électronique, notre page consacrée au style house offre un repère utile.
Les titres ne restent pas pour autant sur une seule intensité. « New Life », « Around » et « No More Waiting » s’inscrivent dans une veine mélodique et chaleureuse. « The House Side », présent dans la version numérique, affiche une orientation plus tendue et plus directement tournée vers le club. « Eivissa », placé en ouverture, pose une ambiance de voyage et de nuit insulaire, sans imposer d’emblée une seule lecture de l’album.
Ce contraste entre douceur et tension est important pour un disque de house. Un album entièrement pensé comme une suite de pics d’énergie peut fatiguer à l’écoute, tandis qu’une collection trop uniforme risque de se fondre dans le décor. Footprints varie plutôt les températures : certains morceaux invitent à s’attarder sur leur atmosphère, d’autres semblent davantage conçus pour prendre leur place au milieu d’un set. Il ne s’agit pas d’une séparation stricte entre musique « d’écoute » et musique « de danse », mais d’un passage fluide entre les deux.
Les collaborations donnent une forme concrète au titre de l’album
Sur Footprints, les invités ajoutent des points de vue sans diluer la personnalité du disque. « Earth » avec Verso et « Tell You » avec Retrouve ouvrent deux fenêtres sur des sensibilités house différentes. « Checking You Out », enregistré avec Darius Syrossian, apporte une couleur plus franche et plus club. Quant au morceau-titre, partagé avec Rona Ray, il place la voix au centre et donne à l’album l’un de ses moments les plus émotionnels.
La présence de Riva Starr et Danny Losito sur « I Want Your Love » ancre aussi le projet dans une histoire plus large de la house vocale. Le titre est sorti avant l’album, le 19 juin 2026, comme le montre le catalogue de Beatport. Cette sortie en amont fonctionne comme une porte d’entrée vers Footprints, mais le morceau prend un autre relief une fois replacé parmi les différentes nuances du disque.
Parmi les autres contributions, Nate Katz apparaît sur « Move Your Body », Midas Field sur « The Getaway » et Coral O’Connor sur « Destination ». La fiche de l’édition vinyle de OYE Records confirme le casting et les treize titres pressés sur les trois disques. Le titre « The Getaway » est parfois transcrit différemment dans des listes de vente, mais les services de streaming l’affichent sous cette forme.
La logique de l’ensemble se comprend mieux à travers ces échanges qu’en cherchant une histoire linéaire. Chaque invité apporte une voix, une texture ou une manière de faire avancer le groove. Rona Ray rend le morceau-titre plus incarné ; Darius Syrossian accentue le côté fonctionnel de « Checking You Out » ; d’autres collaborations élargissent la palette sans faire basculer l’album hors de son territoire house.
Treize titres en vinyle, seize en numérique : deux façons d’écouter l’album
La différence entre les éditions n’est pas anecdotique. Le triple vinyle réunit treize morceaux, répartis sur six faces, tandis que la version numérique en propose seize. Les trois titres supplémentaires sont « The Time Is Now », « All The Time » et « The House Side », visibles dans la liste numérique de l’album sur Apple Music.
Le vinyle dessine une séquence resserrée, avec assez de place pour faire alterner morceaux vocaux, plages plus deep et productions orientées club. Pour un DJ, cette édition peut aussi servir de sélection physique à intégrer dans une collection de disques. La version numérique, elle, donne accès à une palette plus large, notamment avec « The House Side », qui renforce la dimension nocturne du projet.
Ce choix de formats rappelle qu’un album house peut remplir plusieurs fonctions. Il s’écoute comme un ensemble, mais ses titres peuvent aussi être sélectionnés séparément pour un set. Dans un mix, un morceau n’est pas seulement apprécié pour sa mélodie : son tempo, sa structure, ses points d’entrée et de sortie, ou la place laissée aux autres titres comptent également. C’est une des raisons pour lesquelles les morceaux de Footprints peuvent se révéler différemment selon qu’on les découvre à la suite ou au milieu d’une piste de danse.
Cette circulation entre disque et club fait partie de la culture house depuis ses débuts. La sélection et l’enchaînement ont autant de poids que le morceau pris isolément. Pour prolonger cette réflexion sur le rapport entre support, sélection et expérience, l’article consacré au retour des soirées vinyle explore la manière dont le format physique retrouve une place dans les nuits actuelles.
Du studio à la cabine : la continuité avec les sets de Prunk
Footprints paraît dans une période où Prunk continue de mener de front production, label et performances. Un exemple récent est son set marathon de dix heures à Thuishaven, à Amsterdam, programmé le 5 juillet 2026. L’événement, annoncé de 13 h à 23 h, est référencé par Resident Advisor. Ce rendez-vous n’est pas une preuve directe de la conception de l’album, mais il illustre l’aisance de Prunk dans un format long, où un DJ peut faire évoluer son récit musical sans dépendre d’une succession de morceaux à effet immédiat.
Un set de plusieurs heures et un album ne répondent pas aux mêmes contraintes. Le premier se construit en temps réel, selon l’énergie de la salle et les choix de la cabine. Le second fixe une sélection et un ordre, que l’auditeur peut réécouter. Footprints fait le lien entre les deux : ses morceaux possèdent des identités assez distinctes pour être repérés séparément, mais gardent une cohérence de groove qui permet de les imaginer dans une progression de DJ.
Cette cohérence est aussi une qualité pratique pour les lieux qui programment de la house. Dans un bar, un restaurant ou un événement privé, une sélection musicale peut devoir accompagner plusieurs moments, sans que le volume ou l’intensité restent au même niveau toute la soirée. Un album comme Footprints ne constitue évidemment pas une formule universelle, mais il rappelle l’intérêt d’une house capable de varier les ambiances sans perdre son fil. Pour découvrir le rôle d’un DJ dans ce type de contexte, les pages dédiées à l’animation musicale en restaurant et aux soirées privées apportent des repères complémentaires.
Footprints prolonge la house de Prunk sans chercher le grand virage
Footprints ne mise pas sur une réinvention spectaculaire. Son intérêt est ailleurs : dans l’équilibre entre morceaux chaleureux et séquences plus club, dans la présence de collaborateurs qui ont chacun leur couleur, et dans la façon dont Prunk relie sa pratique de producteur à l’univers collectif de PIV. Le disque ne raconte pas une histoire détaillée piste après piste ; il dessine plutôt une carte de ses affinités musicales et des personnes qui gravitent autour de son parcours.
En ce sens, le titre est bien choisi. Les « traces » ne sont pas seulement celles des influences passées. Elles désignent aussi les liens entre artistes et les chemins empruntés par un morceau, du studio aux platines puis au public. La version vinyle resserre le parcours en treize étapes ; l’édition numérique l’étend à seize. Dans les deux cas, Footprints propose une house lisible, groovy et tournée vers le mouvement, sans confondre efficacité de club et surenchère.
Pour les auditeurs qui suivent PIV, l’album offre un portrait plus direct de son fondateur. Pour ceux qui découvrent Prunk, il constitue une entrée accessible dans son univers, où le groove sert de fil conducteur et les collaborations ouvrent plusieurs portes d’écoute. Une empreinte après l’autre, Footprints montre moins une nouvelle direction qu’un artiste qui précise la sienne.

